16 février 2006
Mon école
J'ai toujours eu le sentiment d'avoir des rapports privilégiés avec "Elle" ...
Au commencement, il y a eu sa proximité.
Avant même d'y entrer, je la connaissais par coeur.
J'en savais les horaires grâce à une surveillance accrue depuis le jardin, la cour (sur la photo de la note précédente, je tourne le dos à la rue) ou les fenêtres de la maison de mes parents. J'épiais le passage des enfants plus âgés qui s'y rendaient dès le matin vers neuf heures moins dix, qui en ressortaient à midi cinq pour y revenir une heure et demie plus tard et la quitter à seize heures trente. J'avais ainsi quatre passages pour guetter et espionner ces favorisés.
Dans mon esprit d'enfant, il y avait là au bout de ma rue un monde merveilleux que j'entr'apercevais au travers de la grande grille de sa cour et qui se dévoilait dans les bribes des conversations pendant les allées et venues des élèves.
Derrière l'école, mon père possédait un champ où il jardinait. Comme il était contigu au jardin de l'école, j'avais là aussi une ouverture supplémentaire et différente sur ce lieu magique. Je rencontrais au dessus des haies et grâce à des bavardages de voisinage avec mon père, les maître et maîtresse d'école.
Il y avait Madame P...... qui terminera sa carrière en 1969 et sera mon institutrice en CM1 et Monsieur C.... qui m'apprendra à lire et avec qui je serai en CE1 et CE2.
Mon école de campagne n'avait que deux classes dans ces années-là décomposées en cours préparatoire et élémentaires d'un côté et cours moyens et classe de fin d'études de l'autre.
C'était l'école de Jules Ferry dans toute sa splendeur. Le bâtiment imposant abritait les écoles, les logements des maîtres à chaque extrémité ainsi que la mairie du village.
Il n'y avait pas de maternelle alors on rentrait à l'école selon le bon vouloir de l'éducation nationale et de ses différents ministres. 1965 m'a vue intégrer le cours préparatoire car je satisfaisais au critère demandé cette année-là : avoir cinq ans le jour de la rentrée.
J'ai appris à lire rapidement car Mémée avait déjà bien commencé le travail :-) J'arrivais avec un bagage tout prêt composé d'alphabet, de poésies apprises par coeur, de calcul mental, ...
Je me rappellerai toujours comment l'étonnement m'a saisie lorsque j'ai vu des enfants pleurer le jour de la rentrée ... ainsi que des mères ! Je ne comprenais vraiment pas comment l'école pouvait rendre triste. Pour moi ce passage dans le monde scolaire était une aventure qui m'exaltait. Et les adultes autour de moi n'ont jamais diabolisé ce lieu mais me l'ont toujours présenté avec des avantages formidables. Ils ont agi de la même manière avec mes frères. Mon homme pour qui l'école a été aussi un accès à une vie sociale dont il ne soupçonnait pas l'existence auparavant a eu le même sentiment avec le monde scolaire.
Il nous a été facile de le transmettre à nos enfants ... Cela a peut-être mieux fonctionné avec ma grande étudiante qui comme ses parents au même âge était toujours pressée de retrouver son école à la fin des vacances. L'ado lui était plus mitigé ! mais cette année le déclic a eu lieu avec l'entrée en seconde et je crois qu'il compte bien y passer encore quelques années ! ...
Cette note a été commencée au milieu de "l'affaire" Garfieldd lorsque Anne parlait de "son école"
Écrit par Madleine dans Idées en campagne | Commentaires (10)
Commentaires
Je me demande si Cro-Mignonne l'observera comme toi et en gardera ce genre de souvenirs... si jolis.
Écrit par : Anne | 16 février 2006
Répondre à ce commentaireQu'est-ce que c'est bien, l'Ecole !
Écrit par : samantdi | 16 février 2006
Répondre à ce commentaireOui, ta Cro-Mignonne aura effectivement un bon poste d'observation !
Samantdi : c'est parce que tu l'aimais tant notre Ecole que tu y vas encore tous les jours ;-)
Écrit par : en campagne | 16 février 2006
Répondre à ce commentaireÉcrit par : alice | 16 février 2006
Répondre à ce commentaireLes enfants sont restés "méchants" -le monde est cruel, la vie est dure...-, mais les études m'ont retenue jusqu'à un bac+4...
Écrit par : Rose | 16 février 2006
Répondre à ce commentaireRose : je fais partie de ceux qui pensent qu'il ne faut pas faire rentrer trop tôt les enfants à l'école. On les voit à 2 ans et demi maintenant quand c'est possible.
C'est effectivement un monde cruel celui de la cour de l'école mais plein d'apprentissages aussi !
Écrit par : en campagne | 16 février 2006
Répondre à ce commentaireÉcrit par : chondre | 16 février 2006
Répondre à ce commentaireJe suis entrée à l'école à 3 ans et demi, j'y suis resté 4 ans en maternelle. Comme ma fille en somme.
La maternelle, peu de grands souvenirs, sauf que ce sont les seules années où j'ai été à l'école accompagnée (mon frère dont la primaire était en face).
Par contre, la primaire... Je me souviens d'une maitresse admirable. Elle m'a fait changé de classe, le premier jour de CP, car elle avait eu mes 2 grandes soeurs. elle n'a pas été déçue. Je savais lire, écrire et compter. Elle me citait en exemple (pas terrible pour les relations entre enfants), mais aussi m'a appris bien d'autres choses hors programme...
Écrit par : Erin | 17 février 2006
Répondre à ce commentaireÉcrit par : en campagne | 17 février 2006
Répondre à ce commentaireAu lycée, 2 profs. Celui de français en 1ière... les cours ressemblait à des échanges, de vrais. Et surtout, LE prof, histoire-géo, mes 3 années de lycée, noeud pap, lunettes rondes, les cours ont les enregistraient, c'était du Alain Decaux, vivant. J'ai un peu débordé des cours avec lui, notre amour de l'histoire, de l'opéra, des vieux livres... soupir...
Écrit par : Erin | 17 février 2006
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